PETROLE

HYDROCARBURE

La SNPC totalise un quart de siècle d’existence.

Le 24 mai 2023
Par Sandra ITOUA

Créée sur les cendres de la Société des hydrocarbures du Congo (HYDRO CONGO), en avril 1998, la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) ambitionne d’être le fleuron de l’industrie pétrolière au Congo-Brazzaville. A l’origine de cette volonté des pouvoirs publics, la récupération des mandats d’exploration, de production et de commercialisation confiés aux majors Total Energies et ENI. Ce qui est encore loin du compte.

Une vue du siège de la SNPC
La SNPC ambitionne d’être une véritable société énergétique

Lors de son arrivée à la tête de la  Société nationale des pétroles du Congo, en 2018, Maixent Raoul Ominga avait énoncé sa détermination de faire de cette entreprise «une société productrice et non celle qui doit vendre les produits pétroliers des autres». Etablissement public à caractère industriel et commercial, la SNPC possède cinq filiales que sont la Société nationale de recherche et d’exploitation pétrolière (SONAREP), la Société des forages pétrolière (SFP), Integrated logistic services (ILOGS), la Congolaise de raffinage (CORAF) et une branche distribution (SNPC-D).
Présente dans l’amont et l’aval du secteur des hydrocarbures au Congo-Brazzaville, la SNPC détient au moins 15 % de participations dans chaque permis d’exploitations attribué au Congo-Brazzaville,  notamment Nkossa, Sendji, Yanga et Moho-Bilondo. Elle détient, par contre, 35 % des champs Kitina et Djambala. Au détriment de la holding congolaise, ces différents champs sont arrivés à maturité. Pour conserver son statut de producteur de pétrole, à terme, la SNPC compte sur la valorisation du bloc pétrolier Mengo-Kundji-Bindi (MKB 2), un actif censé être important confié à cette entreprise par l’Etat congolais. En 2021, la production de ce bloc a oscillé entre 2000 et 3000 barils par jour. Une production que la SNPC compte porter à 10 000 barils par jour dans les années à venir. Ce qui continuera d’être une goutte d’eau, comparativement aux 344 000 de barils produits par jour au Congo-Brazzaville.
Autre écueil à son développement, sa filiale CORAF. Cette unité de raffinage créée en 1981 et mise en fonction en 1982 a pour mission de transformer le pétrole brut en produits finis pour le marché national. Disposant d’une capacité de production de 600 000 tonnes par an, ce qui couvre près de 60 % des besoins nationaux en produits pétroliers raffinés, la Congolaise de raffinage, espère atteindre 1 200 000tonnes annuelles, pour couvrir les 85 % des besoins nationaux en 2025, un objectif fixé par sa maison mère. Le vieillissement de la structure avec un outil de production devenue obsolète et qu’il faut moderniser, handicape le développement de ce que le gouvernement congolais considère comme un outil stratégique pour sa souveraineté énergétique.
L’autre défi à relever est la gouvernance de la SNPC. Les rapports opaques entre l’Etat, actionnaire à 100 %, et la SNPC suscitent des interrogations. En accédant à la direction générale de cette entreprise, Maixent Raoul Ominga avait promis reverser des dividendes au budget de l’Etat. Ce que conteste l’activiste Jean Aimé Brice Georges Mackosso, membre du conseil d’administration international de l’ITIE, qui soutient que cette absence de retour des dividendes coûte 25 millions USD à l’Etat congolais.    
Avec un capital non connu pour un millier d’agents, ces dirigeants souhaitent «faire de la SNPC une véritable société énergétique qui doit contribuer non seulement à sa prospérité économique, mais aussi à celle du pays dans le strict respect des impératifs liés à la protection de l’environnement et au bien-être de nos concitoyens». Une vision qui met aussi un accent particulier sur l’amélioration des conditions de travail de son personnel, à travers la construction d’un second siège de 16 étages, à Pointe-Noire, la capitale économique du pays. Le coup d’envoi des travaux de construction a été donné par le président de la République, Denis Sassou Nguesso, le 23 avril 2023 pour une durée de 24 mois.


Crédit photo : Fabé Remy HYMBOUD
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