LOGISTIQUE

Quatre locomotives pour la relance du CFCO.

Le 16 janvier 2023
Par Sandra ITOUA

Avec un endettement estimé, en juillet 2021, à 113 milliards de FCFA, le Chemin de fer Congo océan, est à la peine. Une absence de financements, des difficultés techniques et l’état défectueux de ses installations sont les causes principales des contreperformances de cette entreprise publique. S’ajoutent à ces difficultés multidimensionnelles les conséquences des divers conflits armés que le pays a connus et qui ont déstructuré ses infrastructures. Grâce au soutien des pouvoirs publics, le CFCOvient de se doter de nouvelles locomotives fabriquées par l’entreprise belge John Cockerill. 
Un modèle de ces locomotives
La réception de ces machines s’est déroulée en présence du Premier ministre
Le Chemin de Fer Congo Océan (CFCO) vient de se doter de quatre nouvelles locomotives qui devront permettre, tant peu que ce soit, la relance de ses activités en baisse depuis des années.La cérémonie officielle de réception de ces machines s’est déroulée à la gare centrale de Pointe-Noire, le 13 janvier 2023, sous le patronage du Premier ministre, Anatole  Collinet Makosso, en présence de Jean Paul Charlier, chargé d’affaire du Royaume de Belgique au Congo.
Ces machines fabriquées par l’entreprise belge John Cockerill sont l’objet d’un contrat d’équipements ferroviaires signé en 2015, entre la Belgique et le Congo-Brazzaville. Selon Ignace Nganga, directeur général du CFCO, «ce contrat comprenait également la fourniture de deux locotracteurs pour les ateliers de maintenance, des pièces de rechange pour tout type de locotracteur et locomotive, d’engins de voirie, de divers consommables ainsi que la réhabilitation et l’acquisition de machines-outils».
Entreprise publique, le CFCO qui exploite, principalement, une ligne de chemin de fer de 514 km entre Brazzaville et Pointe-Noire, accuse un énorme déficit en locomotives de manœuvre. Cette acquisition des quatre locomotives sur les huit prévues préfigure l’exécution, par les pouvoirs publics, du programme de réhabilitation et de modernisation de cette entreprise. Pour Anatole  Collinet Makosso, «La convention qui avait été signée avec nos partenaires belges devrait permettre de relancer les travaux de rénovation du CFCO. Si nous n’avons pas été freinés par la pandémie de la Covid-19 entre 2020 et 2021 et s’il n’y avait pas d’autres pesanteurs qui avaient retardé la mise en œuvre de ce vaste programme, nous serions plus loin dans l’exécution des termes de cette convention».
L’absence de financements, les difficultéstechniques et l’état défectueux de la voie sont les causes principales des contreperformances du CFCO. S’ajoutent à ces difficultés multidimensionnelles les conséquences des divers conflits armés que le pays a connus et qui ont déstructuré ses infrastructures. Déjà, en 2016, l’ancien directeur général de cette entreprise, Raoul Essou, dépeignait un tableau qui indique encore aujourd’hui que «l’infrastructureest instabledans plusieurs endroits, surtout au niveau des ouvrages d’art. La superstructure est fragilisée par de nombreuses cassures de rails et de points singuliers avec des rails usés, des traverses métalliques cassées et fortement cintrées qui suscitent des ralentissements temporaires». Et ce, sans compter les détresses, les patinages, les déraillements, les débuts d’incendies et autres désaccouplement de boyaux qui sont le lot quotidien de cette entreprise.
Unique actionnaire et propriétaire du CFCO,l’Etat congolais s’était investi, dès 2015, dans la recherche de financements extérieurs, estimés à 1000 milliards de FCFA, pour réhabiliter ou acquérir dumatériel roulant et reconstruire des infrastructures. Cette quête de financements avait été orientée, à l’époque, vers les partenaires chinois, belges, italiens et sud-coréens. Le Royaume Belge avait procédé à l’attribution de huit locomotives parmi lesquelles quatre viennent d’être réceptionnées.Pour Jean Paul Charlier, «la livraison de ces locomotives de la société belge témoigne de l’excellence de bonnes relations économiques et financières entre le Congo et la Belgique».
En sus de la ligne entre la capitale économique Pointe-Noire et Brazzaville, cet établissement public à caractère industriel et commercial exploite aussi les 285 km de la ligne dite COMILOG, une ancienne voie de la Compagnie minière de l’Ogoué. Audébut des années 2000, le gouvernement congolais avait tenté de vendre le CFCO, en décrépitude, au français Bolloré investissement ou encore au sud-africain SheltamMvela. Sans succès.
Présentement, le CFCO à un parc total de 43 locomotives de lignes dont 12 sont en service. Ignace Nganga affirme que «dans les pires périodes, ce nombre peut descendre à 6 locomotives. La précédente dotation en locomotives de ligne est intervenue en 2015. Elle portait sur 10 locomotives neuves. Aujourd’hui, seules 6 d’entre elles sont opérationnelles, trois des quatre autres sont arrêtées à la suite de graves accidents, tandis que la dernière attend depuis belle lurette des pièces pour son dépannage».
Selon Anatole Collinet Makosso, le gouvernement mettait tout en œuvre pour la relance des activités du CFCO. «Nous avons un projet avec la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale(BDEAC) pour un financement de près de 21 milliards de FCFA dans les tuyaux qui devrait nous permettre de faire un travail plus important dans le cadre de la réhabilitation du CFCO », a-t-il rassuré lors de la réception de ces premières locomotives.
Lors d’une séance de travail, en juillet 2021, qui réunissait l’équipe dirigeante du CFCO, les partenaires sociaux et la tutelle, il est apparu que cette entreprise trainait, à cette époque, une perte cumulée de près de 66 milliards de FCFA pour un endettement de 113 milliards de FCFA.

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