HYDRCARBURES

Du gaz liquéfié congolais en export.

Le 26 avril 2023
Par Jean Clotaire HYMBOUD

Fruit du partenariat entre le République du Congo et la compagnie pétrolière italienne ENI, la construction d’une usine de traitement du gaz naturel liquéfié a été lancé à Pointe-Noire, le 25 avril 2023, par le président Denis Sassou Nguesso. Ce projet devra permettre au Congo de rejoindre le groupe restreint des exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié.
Un modèle d’unité de liquéfaction de gaz naturel
La production congolaise devrait atteindre trois millions de tonnes par an
La construction de cette unité de liquéfaction de gaz naturel (GNL) installée au quartier Côte Mateve, à Ngoyo, le sixième arrondissement de Pointe-Noire, la capitale économique du pays, s’inscrit dans une approche de zéro torchage, nécessitera un investissement de près de 600 millions USD. Le projet prévoit l’installation de deux usines flottantes de liquéfaction de gaz naturel (FLNG) dans les champs de Nené et de Litchendjili, déjà en production. La première a une capacité de 0,6 million de tonnes par an et va entrer en production cette année, tandis que la seconde, en construction, sera opérationnelle en 2025 avec une capacité de 2,4 millions de tonnes par année. A terme, il est attendu une production de 3 millions de tonnes par an, soit environ 4,5 milliards de mètres cubes par an à partir de 2025.
Ce besoin du gaz congolais s’inscrit dans une démarche industrielle et commerciale de l’Italie en cette période d’incertitude d’approvisionnement en énergie, suite aux soubresauts que connait le continent européen. C’est ainsi qu’en avril  2022, le président directeur général du groupe ENI, Claudio Descalzi avait accompagné une délégation ministérielle italienne à Brazzaville, pour convaincre les autorités congolaises a augmenté la production et l’exportation de gaz.
C’est en pleine guerre entre la Fédération de Russie et l’Ukraine que soutien ses alliés occidentaux, avec les enjeux énergétiques que sous-entend ce conflit, que le Congo-Brazzaville a signé, le 21 avril 2022, avec la société ENI Congo, une filiale de l’entreprise italienne Ente nazionale idrocarbury (ENI), une lettre d’intention pour augmenter la production et l’exportation du gaz congolais. Cet accord a été scellé en présence du ministre des affaires étrangère du Congo-Brazzaville, Jean Claude Gakosso et de son homologue italien, Luigi Di Maio, du ministre congolais des hydrocarbures Bruno Jean Richard Itoua et de Roberto Cingolani, ministre italien pour la transition écologique.
Selon le communiqué de presse de ENI Congo, l’accord prévoyait «l’accélération et l’augmentation de la production de gaz au Congo, principalement par le développement d’un projet de gaz naturel liquéfié (GNL), avec un démarrage prévue en 2023 et une capacité pleinement opérationnelle de plus de 3 millions de tonnes par an, soit plus de 4,5 milliards de mètres cubes par an». Le pays qui a toujours ambitionné de valoriser son gaz dispose d’un secteur gazier dont les réserves sont estimées à 120 milliards de mètres cubes, avec 55 % de gaz associé et 45 % de gaz naturel.
Pour Luigi Di Maio, «l’Europe est en train d’affronter un défi important en ce qui concerne les sources d’énergies. L’Italie a trouvé une réponse favorable du Congo». Le ministre italien des affaires étrangères et de la coopération internationale a affirmé à la suite de l’accord que «nous sommes reconnaissants au gouvernement du Congo pour avoir pris la décision d’accroitre le partenariat énergétique entre le Congo et l’Italie, non seulement en ce qui concerne le gaz, mais également en matière d’énergie renouvelable».
En effet, à l’issue de ce deal, les deux parties «se sont également accordées sur la définition d’initiatives de décarbonation pour la promotion de la transition énergétique durable en République du Congo, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, de l’agriculture avec le développement d’une filière agricole (non concurrente à la filière alimentaire) dédiée à la production de matières premières nécessaire au bioraffinage…», indiquait le communiqué de ENI. Ce groupe installé au Congo-Brazzaville depuis près d’une cinquantaine d’années fournit actuellement du gaz à la Centrale électrique du Congo (CEC), qui garantit 70 % de la production d’électricité du pays.
Dans son seizième rapport de développement durable, publié en mai 2022, sur la contribution et les objectifs pour une neutralité carbone d’ici 2050, le groupe italien compte accompagner le Congo-Brazzaville sur des projets de diversification économique dans le secteur agricole. Depuis une dizaine d’années, ENI projette d’installer dans le pays une raffinerie de biocarburants à partir du palmier à huile avec une perspective de 250 000 tonnes par an de biodiesel.

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