ELECTRICITE

Le Congo-Brazzaville concède des barrages hydroélectriques.

Le 25 mai 2023
Par Jean Clotaire HYMBOUD et Eugène GAMPAKA


Le gouvernement congolais a réussi à concéder les barrages hydroélectriques d’Imboulou, de Moukoukoulou et celui du Djoué. La signature de l’accord de concession entre l’exécutif, représenté par le ministre de l’énergie et de l’hydraulique Emile Ouosso, et les trois représentants des sociétés adjudicataires que sont Weihai, Zengwei et HoiAxianEnergy a eu lieu le 27 octobre 2022. Celui du Djoué a été concédé, le 24 mai 2023, à la société Hydro opérations Djoué SA.

Le barrage hydroélectrique d’Imboulou
Le gouvernement congolais a réussi à concéder ces barrages
C’est depuis octobre 2018 que les annonces des pouvoirs publics sur les appels à manifestation d’intérêt à la mise en concession des centrales hydroélectriques du Djoué, de Moukoukoulou et d’Imboulou avaient été rendues publiques. A l’époque, visiblement, elles n’avaient pas suscité l’intérêt des potentiels énergéticiens  pour investir dans un secteur déficitaire et déficient, faute d’entretien et de megestion.
La cession de ces infrastructures électriques aux partenaires chinois, conformément à la loi portant code de l’électricité qui libéralise ce secteur, est une aubaine pour les autorités congolaises. Ce code stipule que «l’Etat peut déléguer à une ou plusieurs personnes publiques ou privées, de droits congolais, la gestion de tout ou partie du service public d’électricité. Il conclut, à cet effet, un ou plusieurs contrats de délégation qui peuvent prendre la forme de la concession, de l’affermage, de la régie intéressée, de licence ou toute autre forme de délégation applicable au secteur de l’électricité. Il peut transférer à cette occasion, par contrat au délégataire, une exclusivité d’exploitation de tout ou partie de l’activité de production, de transport ou de distribution de l’électricité».
Située dans le département de la Bouenza, la centrale de Moukoukoulou, avec une puissance installée de 74 MW, mise en service dans les années 1970, alimente les villes de de Nkayi, Loudima, Loutété, Madingou et Dolisie.  Sa concession devra porter sur sa révision, sa réhabilitation, sa modernisation et son exploitation. Depuis une dizaine d’année, ce barrage qui devait impulser le développement des pays du Niari n’a plus jamais été révisé.
Avec une puissance totale de 120 MW, Imboulou est l’infrastructure électrique emblématique du président Denis Sassou Nguesso. Cette centrale inaugurée le 7 mai 2011, après cinq ans de travaux, a couté 170 milliards de FCFA et nécessité, pour sa construction, quelques 2000 ouvriers et techniciens congolais pour près de 600 chinois déployés par la China machinery engineering corporation.
Pour Emile Ouosso, «Il faut aller vers ce schéma pour faire que notre économie ait l’énergie nécessaire pour donner aux populations, aux entreprises industrielles, aux hôpitaux, aux municipalités…».Concernant les travailleurs de la société nationale Energie Electrique du Congo (E2C) qui évoluent sur ces barrages concédés, le ministre de l’énergie et de l’hydraulique affirme que «nous avons d’un côté des actifs sains et de l’autre des actifs non sains qui seront repris par l’Etat, tout comme les personnels jugés efficaces par les nouveaux actionnaires qui peuvent être repris par eux. Les autres personnels seront gardés par nous et payés régulièrement jusqu’à leur retraite. Personne ne sera laissé au bord de la route, abandonné ou licencié.».

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