DEVELOPPEMENT DURABLE

ENVIRONNEMENT

Le 20 juin 2023
Par Marien NZIKOU-MASSALA


Plus de 2000 champs dévastés en attente d’indemnisation à Mbomo. 

Une rareté de produits agricoles se fait ressentir présentement dans la localité de Mbomo, dans le département de la Cuvette-Ouest au Congo-Brazzaville. A l’origine de cette situation, les éléphants qui dévastent les champs et qui soumettent les populations locales à cette rude épreuve. A ce jour, plus de 2000 plaintes sur la dévastation des plantations sont déjà enregistrés à la sous-préfecture et non indemnisés. Une situation qui renforce davantage la précarité des victimes.
Un pachyderme à Mbomo
Ces éléphants dévastent des champs dans cette localité
«Le problème qui tient à cœur les communautés de Mbomo à 99¨%, c’est celui de la dévastation des plantations par les éléphants et les violations des droits des communautés par des éco-gardes», lâche d’un ton courroucé, un habitant du quartier Odouma, lors d’une causerie-débat avec les représentants du Centre d’actions pour le développement (CAD), une organisation de la société civile congolaise qui est investi dans la défense des droits humains.
Dans cette localité d’environ 11.350 habitants, des plantations sont souvent dévastés par des pachydermes qui entrainent à cette occasion la rareté, entre autres denrées alimentaires, du manioc, l’un des aliments de base des habitants de la contrée. «De 2012 à ce jour, près de 2000 plaintes pour dévastation des champs ont été enregistrées à la sous-préfecture de Mbomo et demeurées impayés par les pouvoirs publics», a confié Henry Okoulibeka, président de l’Union des jeunes de Mbomo pour le développement (UJMD).
Pour certains citoyens de Mbomo, les autorités administratives et les gestionnaires du parc Odzala-Kokoua accordent plus de la valeur aux éléphants qu’aux humains, « tout pour l’animal, rien pour l’homme ». Selon eux, «les gestionnaires du parc et les communautés s’étaient entendus pour ériger une zone d’écodéveloppement de 10km pour la chasse, la cueillette, l’agriculture… mais ils ne respectent pas cela. Dans notre propre village on devient comme des prisonniers ».
Pour tenter de porter tant soit peu des solutions au conflit homme-faune qui sévit dans cette localité, les gestionnaires du parc national Odzala-Kokoua ont initié le projet «assurance champ», moyennant 2500 FCFA. En cas de dévastation de son champ, l’assuré reçoit des gestionnaires du parc un forfait de 200.000FCFA comme indemnité. Pour de nombreux agriculteurs de la contrée qui contestent le montant, ce forfait n’a pas été bien évalué. C’est ainsi que la venue des organisations de défense des droits humains tels que le Centre d’actions pour le développement à Mbomo permet d’éveiller les consciences et porter la parole des populations locales. «Nous avons souvent des problèmes avec les gestionnaires du parc qui violent nos droits », ont-elles fait savoir avant de poursuivre, « on espère que vous allez nous aider à rentrer en possession des 5% des dividendes générés par le parc que les communautés de Mbomo devraient bénéficier. A ce jour, c’est le directeur du parc qui gère ce fonds en lieu et place des communautés».
 
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