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Une militante de l’espérance sociale.

Par Esther PABOU MBAKI

Nom : DJOUOB l Prénoms : Berthe Rosalie l Date de naissance : 4 juillet 1960 l Lieu de naissance : Ouesso l Situation familiale : célibataire, mère de 2 enfants l Nationalité : congolaise l Fonction : pharmacienne responsable d’une officine.
Issue d’une famille nombreuse, son père est déjà un agent de santé. L’infirmier qu’il est enverra sa fille  dans une école primaire de Ouesso, sa contrée de naissance dans la Sangha, au nord du pays. Elle va, par la suite, effectuer son collège à Souanké, dans le même département, puis à nouveau, à Ouesso, après un détour à Brazzaville. 
Après son baccalauréat scientifique (Série D), Berthe Rosalie Djouob obtient une bourse pour l’Algérie  où elle intègre l’institut national de l’enseignement supérieur en sciences médicales, à Annaba, pour suivre des études  de pharmacie. A la fin de son cursus, en 1990, sanctionné par un diplômé d’Etat de pharmacie, elle obtient une autre bouse pour parfaire sa formation à la faculté de pharmacie de Toulouse, en France. Un séjour studieux qui sera couronné par l’obtention d’un diplôme universitaire de diététique et génie alimentaire.
Son retour à Brazzaville coïncide avec le renforcement de l’ajustement structurel au Congo. Imposé par les institutions de Bretton Woods, principalement la Banque mondiale et le Fonds monétaire  international (FMI), cette politique prône la compression des dépenses de l’Etat, pour un retour à l’équilibre des finances publiques. Entre autres restrictions, la cessation des embauches dans la Fonction publique qu’elle va subir après avoir introduit un dossier afférent.
Malgré ce désagrément, elle intègre la Société congolaise des pharmacies (SOCOPHAR) une entreprise paraétatique qui, à l’époque, avait un quasi-monopole de la vente des produits pharmaceutiques, «J’ai fait un stage pratique dans cette entreprise, pendant une année. C’est après cette période que je vais y être embauchée et travailler dans nos structures de la Tsiémé, Makélékélé et Bacongo, jusqu’à la liquidation de cette société en 1994» indique Berthe Rosalie Djouob.
La liquidation de la SOCOPHAR n’amènera pas pour autant une amélioration dans la distribution du médicament au Congo, un pays qui subit les affres des médicaments de la rue. Cette distribution est principalement l’œuvre des grossistes privés qui privilégient les médicaments spécifiques de marque. Pour promouvoir les médicaments génériques et essentiels dans son système de santé, les pouvoirs publics ont créé une première centrale d’achat dénommée Centrale nationale d’achat des médicaments, vaccins et consommables médicaux essentiels (CENAMES).
Cette première expérience se soldera par un échec. A partir de 2005, sur les cendres de la CENAMES, l’Etat se dote à nouveau d’un instrument de politique pharmaceutique qu’est la Congolaise des médicaments essentiels et génériques (COMEG). Présentement encore, cette structure ne joue pas son rôle d’approvisionnement public en médicaments essentiels. Désormais, des voix s’élèvent pour faire évoluer cette situation de perpétuel échec pour créer une Agence de régulation des médicaments.  
Comme beaucoup de ses confrères, la SOCOPHAR est une école pour cette diplômée en pharmacie. Elle y fait ses armes. A la liquidation de l’entreprise, elle dépose, au ministère de la santé, un dossier d’ouverture d’une officine en 1995. Elle s’installe à son compte à Moukondo, dans le  quatrième arrondissement de la capitale congolaise et dénomme son officine, Pharmacie de l’espérance.
Grâce à la solidarité de ses confrères déjà installés en officine et qui se portent garants, elle bénéficie du Crédit rural, une banque sociale d’un encours de 4.500.000 FCFA. Un crédit qu’elle remboursera totalement en 1997. Malheureusement pour elle, la guerre civile de juin 1997 emporte tout dans sa furie. Elle rouvre son officine en 1998, avant de subir, à  nouveau, le tumulte des événements de Moukondo. Nouveau pillage. Refermeture. Réouverture en 1999. A chaque fois, les grossistes, commerçants par essence, ignorent les effets de la guerre et exigent le remboursement des médicaments commandés avant les hostilités. Des années plus tard, l’officine continue encore de rembourser les répartiteurs.
Chrétienne, membre active de l’Association congolaise des pharmaciens catholiques (ACPC), elle puisera à chaque preuve, sa force en son Seigneur, pour reprendre son activité qui emploie plusieurs de ses compatriotes. «Ce sont des collaborateurs que je respecte. J’ai la chance de travailler avec des personnes dont j’ai confiance», souligne-t-elle.
L’ACPC puise les ressources de son action dans la doctrine sociale de l’église catholique. Pour Berthe Rosalie Djouob, «il est impérieux que les gestionnaires des pharmaciens donnent à Dieu une place de choix, dans leur vie de tous les jours». Cette association est à l’origine de la création de l’Ecole des métiers de la pharmacie. Celle-ci forme, en deux ans, des élèves capables de vendre et de tenir la gestion d’une officine. Financièrement, cette école de formation vit grâce aux cotisations statutaires des membres de l’ACPC auxquelles s’ajoutent les frais d’écolage.
Mère et militante de la vie associative. Berthe Rosalie Djouob est aussi membre de l’Association géodéveloppement identité et république (AGIR pluriel) où elle officie en qualité de chargée des affaires sociales. Un champ qui ne l’éloigne pas de sa profession, tout en lui laissant le loisir d’agir sur la citoyenneté, pôle d’action d’AGIR pluriel.
C’est en ses qualités de pharmacienne et d’actrice sociale qu’elle s’investit intensément dans la lutte contre les médicaments de la rue, interdits officiellement par un arrêté ministériel au Congo. Généralement, ces médicaments sont exposés dans de mauvaises conditions de conservation et de vente qui s’effectue souvent en milieu non approprié ou non indiqué tels que les marchés ou des coins de rues des quartiers.  Pris en étau par une crise économique et sociale sans précédent, le malade congolais s’approvisionne de plus en plus auprès de ces «pharmaciens de la rue» avec tous les risques de consommer des produits contrefaits.
Considérés par les autorités sanitaires comme un danger permanent du public, dans la vente des médicaments de mauvaise qualité ou d’origine douteuse, ces «pharmaciens de la rue» surfent surtout sur la misère et l’ignorance des populations. Pour la chrétienne Djouob, «ce peuple périt aussi faute de connaissances», d’où l’implication active de la militante sociale qu’elle est aux différentes campagnes de sensibilisation sur le médicament telle que la semaine africaine de lutte contre la vente illicite du médicament. Organisée, depuis l’an 2000, dans la plupart des pays d’Afrique francophone, cette manifestation est une initiative du Réseau des médicaments (REMED) en collaboration avec l’intersyndical des pharmaciens. Principalement, elle vise à sensibiliser les populations sur les  problèmes liés à l’utilisation des médicaments vendus dans des endroits non appropriés. De même, cette opération de lobbying des pharmaciens prône, auprès des gouvernants, l’application des textes réglementaires relatifs à l’exercice de la pharmacie. Hélas, constate Berthe Rosalie Djouob, «l’Etat congolais ne s’occupe pas de la santé publique de la population».
Un Etat dont la mégestion ne l’oubliera pas. Près d’une quinzaine d’années après avoir postulé à un emploi, dans la Fonction publique, aujourd’hui pharmacienne reconnue dans la place de Brazzaville, Berthe Rosalie Djouob a été engagée par décret présidentiel de juillet 2006, en qualité de pharmacienne contractuelle. Selon un de ses confrères, «Berthe n’a aucun choix à faire, le salaire mensuel dévolu à un pharmacien à la Fonction publique correspond à la recette d’une demi-journée d’officine.»
 
 
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Notification : Cet article est paru dans le numéro de Presence Economique N°16 du 5 Décembre 2016
 
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Une juriste au service des entrepreneurs.

Par Ealgirette Joanely Carmela MAKITA KONGO
En partenariat avec ARIES Investissements
 
Nom : GOUADI-BOUZIMBOU-KOUSSIAMA l Fonction : Fondatrice et associée-gérante de Axek-Consulting.
D’apparence fragile, cette jeune dame qui évite l’exposition aux médias est pourtant l’une des figures de proue des journées juridiques du Congo qu’organise régulièrement, à Brazzaville et dans la ville océane de Pointe-Noire, le Cercle de réflexion des juristes (CJR) dont elle est la secrétaire générale. Sur un après-midi, en entré libre après réservation, cette activité réunie des porteurs de projets, des entrepreneurs, des juristes d’entreprise, des conseils juridiques, des magistrats, des avocats et d’autres huissiers de justice sur des questions de droit en lien avec l’entreprenariat. Adolescente, Gouadi-Bouzimbou-Koussiama qui obtiendra son baccalauréat littéraire (série A2), au lycée Victor Auganeur de Pointe-Noire en 1996, n’était pas portés vers cet environnement de l’entreprise. Elle était plutôt intéressée par l’univers de la culture, particulièrement le théâtre, la danse et la peinture, dont elle a gardé, en y ajoutant la collection d’ouvres d’art, une grande passion. Installée à Doloise, la capitale congolaise de l’or vert où elle officie à l’autorité de régulation des postes et de communication électronique (ARPCE), la journaliste Esther Pabou Mbaki affirme que «nos parents ont travaillé ensemble à l’agence trans-congolaise des communications (ATC). Je l’ai connue comme une jeune fille très réservée et je suis agréablement surprise aujourd’hui, par son activisme actuel en faveur des entrepreneurs».
Après son baccalauréat, elle entame des études de droit privé à la faculté de droit de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville. Sa passion de l’art de l’époque rencontrera une réticence de ses parents qui estimaient que ce secteur d’activité était peu rémunéré et difficile d’en vivre. Elle décroche sa licence en droit privé en 1999, et, par la suite une maitrise de la même filière, 2002, au sein de cette alma mater. Sa soif de toujours se perfectionner la conduira à l’université Fondation Mercure de Bruxelles, en Belgique, où elle parviendra à obtenir un diplôme de master 2 en commerce international, en 2013, suivi l’année d’après d’un autre diplôme de master 2 en droit de la propriété intellectuel, à l’université de Yaoundé II, au Cameroun, en partenariat avec l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI).
Bien que le Congo-Brazzaville soit membre de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle, dont le siège est à Yaoundé, peu sont les congolais qui s’activent dans le conseil en propriété intellectuelle. Un domaine ignoré de ses compatriotes que Gouadi-Bouzimbou-Koussiama s’efforce de leur faire connaitre les avantages. D’autant plus que les congolais sont moins informés sur cette organisation qui contribue à la promotion de la protection de propriété littéraire et artistique, en tant qu’expression des valeurs culturelles et sociales.
Concrètement , l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle, dont l’objectif principal est de promouvoir la contribution effective de le propriété intellectuelle au développement de ses Etats membres, administre et gère, entre autres, la protection des brevets, des marques, des noms commerciaux, des dessins et des modèles industriels. Ce qui lui permet de conseiller, dans cette activité, une clientèle hétéroclite composée des inventeurs, des jeunes développeurs dans le domaine de l’informatique ou encore des entreprises locales, à travers la société Axek-consulting dont elle est fondatrice et associée-gérante.
Créée en 2016, Axek-Consulting est une société de conseil juridique et en propriété intellectuelle qui accompagne les entreprise et les porteurs de projets dans l’identification, la protection et la défense de leurs créations et surtout, les aides a bénéficier des droits d’auteurs et de marques et des brevets et de tous types de propriété industrielle. Selon Gouadi-Bouzimbou-Koussiama, dont l’expertise en propriété industrielle est établie, «notre objectif est celui d’aider ces différents acteurs à sécuriser leurs activités, contribuer à sensibiliser le public sur l’intérêt de protéger ses créations et inventions, et l’amener à prendre en compte la propriété intellectuelle comme instrument de développement des activités».
Désormais, sa propre patronne, cette bilingue qui accompagne aujourd’hui les porteurs de projets et les entrepreneurs trainent derrière elle une présence de plus d’une décennie dans ce milieu. Alors qu’elle préparait encore sa maitrise en droit privé, elle effectue un stage, en 2001, à la Compagnie financière des participations (COFIPA) qui avait repris les actifs de l’union congolaise des banques (UCB), aujourd’hui Banque commerciale internationale (BCI). Au sein de cet établissement financier à capitaux ivoiriens, elle s’attelait déjà aux études et aux analyses des dossiers de clients et à la mise en place et au suivi des prêts.
A la fin de ses études à l’université Marien Ngouabi, elle s’engage dans la vie associative au sein de l’Association des femmes juriste du Congo (AFJC) avant de se retrouver à la Banque de développements des Etats d’Afrique centrale (BDEAC), en 2005, en qualité d’assistant juridique. Au sein de cette institution financière sous régionale, elle assure l’élaboration des appels d’offres, la rédaction des contrats et conventions, le suivi et la préparation des conclusions dans les procédures civiles et commerciales. Ancien de la BDEAC qu’il intègre en 2009, aujourd’hui fondateur et associé-gérant d’Ariès Investissement, Loïc Mackosso que son prédécesseur dans cette banque de développement est «une femme brillante, ambitieuse, qui sait ce qu’elle veut et qui se donnent les moyens de parvenir à ses fins. D’ailleurs, elle travaille beaucoup pour améliorer ses connaissances et s’investit énormément pour être experte dans son domaine».
Une expertise qu’elle continuera à acquérir lorsqu’elle intègre la société de téléphonie mobile Celtel, actuelle Airtel, comme juriste, en 2007. Le conseil juridique et le suivi des contrats commerciaux constitueront ses principales activités dans cette entreprise. En avril de cette même année, elle participera à la réalisation de l’étude de l’impact de l’Accord de partenariat économique (APE) au Congo-Brazzaville. Deux ans plus tard, en 2009, elle prendra part aux travaux sur la facilitation du climat des affaires dans le pays, en partenariat avec le cabinet JEXCO.
C’est en cette période que s’ouvrent les portes de l’union patronale et interprofessionnelle du Congo (UNICONGO), un syndicat patronal qui regroupe près de 80 % des entreprises privées formelles au Congo-Brazzaville. Au sein de cette organisation qui représente leurs employeurs du secteur privé congolais auprès des pouvoirs publics et qui n’intervient lorsque les intérêts de ses adhérents sont en jeu, elle assure, jusqu’en 2016, la fonction de secrétaire générale adjointe, responsable des relations avec les adhérents.
Pour ce syndicat patronal, elle joue sa représentante auprès des institutions nationales et internationales et l’assistance  des entreprises auprès des administrations tels que les douanes et les impôts, les ministères du travail ou du commerce. A son actif, elle assumera, de 2009 à 2016, le secrétariat du groupe de travail « services et investissements » du comité national de coordination et de suivi des négociations commerciales multilatérales concomitamment avec les fonctions de responsables de secrétariat technique de la plate-forme du secteur privé au Haut conseil du dialogue public-privé, dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires, 2011 à 2014. Enchainant la même année, et ce jusqu’en 2015, le secrétariat du groupe de travail « permis de construire » de la commission nationale chargée de la mise en place des reformes d’amélioration du climat des affaires, dans le cadre du classement Doing Business du groupe de la Banque mondiale.
Jean Jacques Samba ancien secrétaire général d’UNICONGO et actuel conseiller de son président, reconnait, pour sa part, que «Gouadi-Bouzimbou-Koussiama est une dame qui a grande maitrise des questions du droit des affaires dans le contexte congolais, notamment du droit OHADA. C’est un domaine où elle a évolué avec une grande aisance». Une aisance qui l’ décidé de franchir le pas pour créer Axek-Consulting.
 
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Notification : Cet article est paru dans le numéro de Presence Economique N°22 du 01 Juillet 2019
 
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MAESTRO.


Par Esther PABOU MBAKI
 
Nom : TOUDISSA MALANDA l Prénom : Honor l Date de naissance : 3 Juillet 1973 l Lieu de naissance : Brazzaville l Etat civil : père de 2 enfants l Fonction : Formateur et concepteur en arts culinaires.
Troisième fils d’une fratrie de neuf enfants, dont une seule fille, cet atypique est issu de la famille du talentueux sculpteur Benoît Konongo, son grand-père maternel, dont il ne pouvait que porter les gènes de la création. Ceux-ci se révéleront très tôt ans les arts culinaires dont il apprendra, depuis le bas âge, les rudiments auprès de ses parents. «J’ai appris à faire de la cuisine dès mon enfance. Dans ma famille tout le monde sait cuisiner, à l’instar de ma mère et surtout de mon père, un homme rigoureux, qui ne s’embarrassait pas de préparer nos repas. Ce qui m’avais totalement décomplexé de me plonger dans cette tâche que notre société considère comme une activité féminine», assure-t-il.
Lorsqu’il obtient son baccalauréat littéraire (série A4) en 1992, au lycée de la révolution à Brazzaville, il opte pour des études de langues vivantes étrangères à la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université Marien Ngouabi, qui connaitra des perturbations dans les années 1990 avec comme conséquences, des années blanches qui s’alignent dans cette alma mater de la capitale congolaise. Lors d’une de ces vacances forcées, il va se faire se ressourcer auprès de la communauté des Fils de la charité, à Mfilou, le septième arrondissement de Brazzaville, où il dévoile son talent pour la cuisine et particulièrement les salades. Celui qui ne s’incrustera pas en ces lieux indique  que «je savais faire les salades depuis la maison. C’était ma spécialisé dans la famille et ce que mon père appréciait le plus dans mes préparations».
Puis vint la révélation du supérieur de cette congrégation catholique qui lui suggère de faire de cette passion pour la cuisine, son métier. L’ecclésiastique avait déjà vu en lui les traits d’un grand chef cuisinier. C’est donc à Nairobi, au Kenya, qu’il ira parfaire les arts culinaires dont il avait les dispositions. «A l’époque, avant même l’attrait de l’Afrique du Sud, le Kenya était la destination rêvée des jeunes Africains. Ce pays sait valoriser son industrie touristique et ses arts culinaires. C’est, aujourd’hui encore, un exemple à suivre pour nos pays». Affirme celui qui obtiendra en ces terres d’Uhuru Kenyatta, son diplôme de production alimentaire et un autre en management hôtellerie et restauration à Air Travels and related studies de la capitale kenyane, une école affilié à l’Institutes of commercial Managament de Londres, qui l’accueille de 1995 à 1997. Il effectuera, par la suite, un certificat pour être un consultant en arts culinaires dans l’option cuisine africaine avec la cuisine congolaise, comme spécialité.
Après ce cycle, il effectue plusieurs stages au pays de Kenyatta dont un premier, en plein cursus, au Landmark Hotel de Nairobi, de novembre 1196 à mars 1997, en qualité de réceptionniste-cuisinier stagiaire. La même année, de juin à septembre, il se retrouve, par la suite, comme cuisinier stagiaire au Kaskazi Beach de Mombasa, avant d’en effectuer, de novembre 1998 à septembre 1999, un autre à l’ambassade du Venezuela. Par la suite, ce sera le Hekima college de la capitale Kenyane, en qualité de consultant en arts culinaires. Le passage à ce centre lui ouvre les portes du Shelter women of Kenya où il est utilisé comme consultant chargés des projets de restauration pour le Shalter street children rehabilitation center, de mars à septembre 2000.
Doté d’un savoir-faire et d’une expérience professionnelle anglo-saxonne, Toudissa Malanda Ngue Honor Zizila revient au bercail et intègre, le 22 octobre 2000, le Mouvement des travailleurs chrétiens du Congo-Brazzaville, en qualité de consultant et animateur sur la cuisine et la gastronomie. Il effectue, dès son retour, faute d’un emploi stable, plusieurs prestations au titre de consultants traiteurs dans les restaurants de la capitale, dont la Désirade plus. C’est aussi, malheureusement en cette période de doute qu’il découvre que «Le congolais ne valorise pas assez les produits de son terroir dont il a honte. Lorsqu’il reçoit un étranger à son domicile, il lui prépare les produits de chez lui au lieu de lui présenter nos aliments qui ont une saveur particulière».
C’est piqué a vif de l’orgueil national qu’il prestera pendant 14 mois aux Fournaux de l’hôtel Méridien de Brazzaville, va jusqu’à affirmer que «le congolais est devenu un prisonnier alimentaire. Je pense qu’un peuple qui ne consomme pas ce qu’il produit est voué à l’esclavage. Consommer congolais est un droit et un devoir». De cette prise de conscience lui vient cette volonté inébranlable de revisiter la cuisine congolaise. Il créé, en plein centre de Ouénzé, le cinquième arrondissement de la capital, l’Espace Liboké qui se veut un concept de restaurant culturel, de galerie d’exposition de photos et d’atelier de démonstration culinaire.
 De cet espace qui connaitra un succès grandissant avant d’être pulvérisé, 4 mars 2012, avec la déflagration de la caserne de Mpila, il réussira à réconcilier les congolais qui venaient à ce restaurant avec des mets expérimentaux à base de chenilles, de criquets, de larves palmistes ou encore de graines de courges concassés et autres ingrédients qui y étaient transformés en biscuits, gâteaux et beignets. Féru d’innovation technologique, l’ingénieur Tsengué-Tsengué, qui dirige la Congolaise des biotechnologies (Bio-Tech Congo) et ne cesse de l’encourager dans cette vocation transformatrice, a même réalisé un documentaire sur ce compatriote dans la démarche tranche sa communauté.
Pour mieux partagés cette passion des arts culinaires avec les siens, celui qui se définit comme gastrotechnicien impulse, en 2002, l’Association congolaise des jeunes cuisiniers dont il est encore le président. Honor indique que «cette association a été créé pour stimuler un génie et une inspiration culinaire auprès de la jeunesse ; mais pour montrer et faire découvrir les différentes formes de l’industrie culinaire». Des missions en sus de sa vocation à être un centre de ressources, d’information et de formation culinaire. Ancien cadre de la société nationale d’électricité, Anatole Limbongo Ngoka, qui a travaillé avec la mère de ce prodige, déplore le manque de soutien à une telle initiative. «Honor doit être soutenu pour que notre cuisine soit aussi reconnue à l’international. Malheureusement, il n’est pas seulement par les pouvoirs publics mais aussi par ses compatriotes» affirment-t-il.
En attendant et l’achèvement du village Liboké, à la périphérie de Brazzaville, dont il ambitionne d’en faire une académie de la gastronomie congolaise, Honor s’active présentement à la formation des métiers de la bouche au restaurant d’application de l’école spéciale Case Dominique, situé à Poto-Poto, le troisième arrondissement de Brazzaville.
 
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Notification : Cet article est paru dans le numéro de Presence Economique N°23 du 09 Septembre 2019

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Le Baron Blaise.

Par Delphin Roger KIBAKIDI
 
Nom : BILOMBO l Prénoms : Jean Blaise l Date de naissance : 08 Avril 1950 l Lieu de naissance : Brazzaville l Nationalité : Congolaise l Situation Familiale : Marié et père de trois  enfants l Profession : Pharmacien.

Dans « Ne plus voir », un recueil de poèmes sous-titré « Paroles altières pour Jean Blaise Bilombo-Samba », Omer Massoumou, poète, critique littéraire et professeur titulaire de langue et littérature à la faculté des lettres, arts et sciences humaines de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville, rend un hommage affectueux, et aussi touchant, à « son cher aîné Jean Blaise » qui venait de perdre la vue à la suite des complications du diabète.  Celui qui publie, à cette occasion, son deuxième opuscule sous le pseudonyme Omer Massem, saisi l’instant pour lui dire «Ferme les yeux et veille sur nous».
Cette affreuse fatalité où les dieux se sont liés contre cet aîné en littérature  survient dès 2011. Il est par la suite évacué au Maroc pour des soins, avec le secret espoir, pour tous les siens, qu’il recouvrera une partie, sinon la totalité de sa vue. Massem le poète déclamera que «Sur le versant marocain se perdent tant d’espoirs de vie et nous apprenons l’implacable manque de nos tropiques brûlants comme un enfer augmenté de l’agilité du dessinateur nouveau. Sur le versant marocain, ils tombent et se retrouvent au fond de l’abîme, tous les malades diminués de l’espoir. Sur les pierres de Brazzaville, s’élèvent les silences de l’amertume indignée.»
Des indignations qui atteindront un pic, le 31 mai 2017, lors d’une journée d’hommage vivant autour de son œuvre, organisée par le Théâtre pour l’humain et l’Institut français du Congo (IFC) de Brazzaville. Lors de cette évocation, c’est le sociologue et homme de théâtre Matondo Kubu Turé qui donnera une explication de la présence de tant d’hommes et de femmes de culture à cette manifestation. Pour ce metteur en scène, «la culture reste encore une lutte dans notre pays. Et si, aujourd’hui, nous rendons hommage à Jean Blaise Bilombo-Samba, c’est parce que c’est quelqu’un qui a toujours lutté pour la culture depuis près d’une cinquantaine d’années, dans notre pays».
Issue d’une famille d’instituteurs, son grand père dont il bénéficiera du patronyme Samba est celui qui implanta la première école primaire de Ouesso, dans le département de la Sangha, Jean Blaise Bilombo tombe dans le chaudron littéraire à l’adolescence. «C’est depuis le lycée que Jean Blaise Bilombo a commencé à s’intéresser à la poésie. Pour nous, c’est le garçon qui nous apportait de nouveaux livres. C’était toujours lui qui était au courant des livres qui sortaient», affirme Matondo Kubu Turé.
Bien avant l’obtention de son baccalauréat scientifique (série D), en 1973, au lycée Savorgnan de Brazza de Brazzaville, il trace déjà des sillons qui seront rapidement perçus par ses ainés en littérature, dont Henri Lopes. Ce grand écrivain, ancien premier ministre et candidat malheureux à la direction de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), va préfacer, en 1971, « Témoignages », son premier recueil de poèmes paru en 1976, à Paris, chez P.J. Oswald. Le poète en herbe lui sera présenté par Mme Eusèbe, une guadeloupéenne qui lui enseignait le français à son lycée et amie de l’épouse à Henri Lopes.
Peu connue de sa trajectoire actuelle est son entrée en politique, à cette époque du lycée, avec son élévation à la tête de la section de l’Union générale des élèves et étudiants du Congo (UGEEC), très critique déjà au système, de son bahut. Il y anime « Libération », le journal de ce lycée qui portait désormais ce nom après sa débaptisation. Celui que ses intimes appellent  Baron va être emporté dans le maelstrom que va connaitre le Congo-Brazzaville après le putsch de Ange Diawara et ses compagnons qui avaient le soutien de la jeunesse.
Le Baron Blaise est arrêté à la suite de l’incarcération des activistes lycéens tels que, entre autres, Etienne Mokondjimobé, Benjamin Toungamani et XWC Eboundi. La perquisition de sa chambre, chez ses parents, permettra aux enquêteurs de découvrir des tracts de l’Union des populations du Cameroun (UPC), un mouvement contestataire camerounais. Il sera placé à la Maison d’arrêt de Brazzaville, pendant une dizaine de jours. L’un de ces activistes, Etienne Mokondjimobé, ami du lycée, affirme que «Blaise a toujours été très engagé sur le front culturel. C’est un homme de conviction qui était capable de galvaniser les autres pour tous les combats citoyens».
Sorti de cette épreuve carcérale, il prépare tranquillement son baccalauréat qu’il obtient avant d’aller effectuer des études de pharmacie, à Dakar, au Sénégal. Il soutien sa thèse de doctorat, en novembre 1985,  sur les neurotransmetteurs polypeptiques, avant d’obtenir, par la suite, un diplôme d’études approfondies (DEA) en science de l’environnement, à l’Institut des sciences de l’environnement de Dakar, en octobre 1987. Son passage dans cet institut lui permettra de rencontrer une éminente personnalité africaine qui n’était autre que le professeur Cheik Anta Diop.
A son retour de Dakar, il intègre, en janvier 1988, la Société nationale des pharmacies avant d’épouser, en décembre de la même année, la poétesse et nouvelliste congolaise, Marie Léontine Tsibinda. Celle qui est détentrice d’un diplôme d’études approfondies (DEA) en langues et civilisations américaines et qui a travaillé comme bibliothécaire au Centre culturel américain de Brazzaville, va créer avec son mari dans cette ville un café littéraire, Les Phalènes, où tout le gratin culturel viendra suivre une programmation de lectures publiques, de conférences, regarder des expositions et des représentations théâtrales.
Comédienne au Rocado Zulu Théâtre animé par Sony Labou Tansi,  aujourd’hui installée au Canada avec sa progéniture, après de nombreux conflits meurtriers que son pays a connu, Marie-Léontine Tsibinda, membre du Pen club international depuis 1992, a été, aux côtés de Jean Blaise Bilombo, une pépinière de talents culturels dans son pays. Président de Pen    centre Congo-Brazzaville, le journaliste et écrivain Florent Sogni Zaou,  initiateur de  la Rentrée littéraire du Congo (RELICO), confirme que «Les Phalènes ont été toute une école pour une nouvelle génération d’écrivains. Jean Blaise Bilombo est un modèle pour moi et j’ai toujours bénéficié de son soutien chaque fois que j’entreprends dans le domaine culturel».
L’écrit fait partie des gènes du Baron Blaise qui a été aussi, une dizaine d’années durant, membre de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). Non seulement qu’il écrit encore des livres, mais aujourd’hui les écoute et fait la promotion du livre audio auprès des handicapés visuels. Désormais membre de l’Association nationale des aveugles et déficients visuels du Congo (ANADVC), il s’adonne avec la même énergie à lutter contre l’illettrisme dans son nouvel univers.
C’est ainsi qu’en avril 2018, il a été d’une grande utilité lors de la célébration de la Journée internationale du livre, au Centre d’information des Nations-Unis (CINU) de Brazzaville,  en animant une conférence-débat sur le thème de l’accès des aveugle et déficients visuels à la lecture, comme droit fondamental de l’homme’’.
Au cours de cette conférence publique, le Dr Bilombo-Samba avait plaidé pour le livre audio dont il a tissé des liens depuis 2012, afin de faciliter l’accès des aveugles et des déficients visuels au livre. Pour Emmanuel Bati, secrétaire général de l’ANADVC, «le docteur Jean Blaise Bilombo, qui est conseiller à notre organisation, nous aide énormément dans notre fonctionnement par son engagement et par sa connaissance des personnes ressources qu’il nous faut rencontrer pour faire aboutir nos actions».
Le pharmacien responsable de Pharmapolis, son officine adossée au marché de Moungali, à Poto-Poto, qui a aussi été directeur du Centre de formation, de recherche d’art dramatique (CFRAD) fait maintenant son petit bout de chemin avec Médiafrique communication, une agence de développement culturel, en qualité d’administrateur. De cette structure, il ne cesse de produire des pièces d’un théâtre sélectif, à l’instar de « La Contrebasse » de Patrick Suskind ou encore des films documentaire tel que « L’Odyssée Gotène » à l’origine de sa satisfaction dans ce monde qui n’a pas réussi à briser son énergie créatrice.
 
Crédit photo : KINZENGUELE
Notification : Cet article est paru dans le numéro de Presence Economique N°21 du 01 Avril 2019
Note de la rédaction : Pour les lecteurs de ce texte qui peuvent trouver succinctes et incomplètes les informations sur ce pharmacien protéiforme, notre rédaction a fait, pour ce premier article sur Jean Blaise Bilombo-Samba, le choix de présenter l’homme de lettres et ses actions en faveur de la culture de son pays.
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Lilian.

Par Carmela Joanely Falgirette MAKITA KONGO
(Stagiaire)
 
Nom : BARROS l Prénom : Lilian Laurin l Date de naissance : 25 avril 1969 l Lieu de naissance : Brazzaville l Nationalité : Congolaise l Situation familiale : Célibataire et père de deux enfants l Fonction : Secrétaire permanent du Comptoir juridique junior.
Facilement abordable, sa grande courtoisie et sa gestuelle réservée, dissimulent entièrement son côté déterminé dans la défense des victimes de diverses injustices. Ce caractère trempé est, en réalité, la résultante d’une quinzaine d’années d’expérience dans le conseil et l’assistance juridiques, l’analyse juridique et l’accompagnement judiciaire des personnes physiques et morales. C’est, donc, avec cette même détermination, que ce détenteur d’une maîtrise de droit privé, obtenu en 1997, à la faculté de droit de l’université Marien Ngouabi, exerce ses fonctions de secrétaire permanent de Comptoir juridique junior (CJJ).
Cette organisation non gouvernementale, créée en l’an 2000, sous l’impulsion du père Christian de la Bretesche, fondateur du Forum des jeunes entreprises du Congo (FJEC), apporte des conseils aux personnes physiques et morales, aide et accompagne les populations à mieux connaitre leurs droits. Le CJJ est, en soi, ce que peut être un exemple de mobilisation d’une jeunesse en quête de réalisation. A l’origine de cette organisation, une initiative de ce prêtre catholique qui convainc ces jeunes à effectuer un sondage auprès des populations démunies des quartiers périphériques de la capitale, Brazzaville et de Pointe-Noire, la capitale économique. De ce sondage édifiant, il ressort, à l’époque, et ce qui l’est encore aujourd’hui, une parfaite ignorance de ses droits par cette frange de la population et les nombreuses violations de ces droits qu’elle subit, au quotidien.
De ce constat nait la nécessité de mener des actions d’assistance juridique, gratuite, qui se feront dans les paroisses, les mairies et les marchés de ces deux grandes villes. Une mission qui replonge Lilian Laurin Barros dans son élément. Ce dernier avait déjà effectué, après ses études universitaires, un stage de formation professionnelle, de 1997 à 1999, dans un cabinet d’avocat à Pointe-Noire. En sa qualité d’avocat stagiaire, il devait donner des conseils aux clients sur toutes sortes de points de droit, les aider à négocier le règlement d’affaires litigieuses et, aussi, assister l’avocat à préparer les plaidoiries ou les chefs d’accusation qui seront présentés devant les juridictions.
«J’ai dû abandonner ce métier parce que l’on ne m’avait pas donné l’occasion de prêter serment» affirme-t-il, aujourd’hui, sans remords. Loin de quitter les voies du droit, cet enseignant vacataire de droit civil, commercial et fiscal au lycée technique du 1er Mai à Brazzaville, de 1995 à 1997, ouvre un cabinet d’expertise juridique et fiscal dans la ville océane. Un feu de pailles. Etranglé par les tracasseries administratives et des taxes qui grèvent les initiatives entrepreneuriales locales, il jette l’éponge et revient à la capitale. Le jeune porteur d’initiative qu’il était, soutient que «c’était une bonne expérience qui m’a permis de mieux comprendre le monde du travail et, surtout, de créer les conditions de mon autonomisation financière».
L’expérience pontenegrine montre, surtout, qu’il ne sort pas de son domaine de prédilection qu’est le droit et la défense des victimes d’injustice. Et la mutation, avec l’appui du père de la Bretesche, d’actions d’assistance juridique en Comptoir juridique junior n’était que dans l’ordre des choses. En 2002, cette organisation non gouvernementale reçoit un appui financier du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), pour mettre en œuvre le programme des Cliniques juridiques, une initiative approuvée par le ministère de la justice et des droits humains. Pendant deux ans, l’assistant juridique et coordonnateur de ce programme qu’il devient, apporte une assistance juridique et un accompagnement judiciaire aux populations pauvres, informe et sensibilise sur le droit et l’accès à la justice et forme les citoyens sur les questions juridiques et les droits de l’Homme.
Détenteur d’un master II en gestion et management de projet, obtenu à l’Institut supérieur de commerce et des affaires/ Hautes études commerciales du Congo (HECC-ISCA) de Brazzaville, en 2004, il intègre le programme Dialogue citoyen mis en œuvre par le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) et le Forum des jeunes entreprises du Congo (FJEC). Pendant trois ans, il en est le référent méthodologique, avant d’en devenir le coordonnateur.
Renforcer les capacités de dialogue entre les organisations de la société civile congolaises, d’une part, avec les pouvoirs publics et les partenaires au développement, par la suite, était l’un des objectifs de ce programme. Celui-ci devait aussi promouvoir la participation de ces organisations dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des politiques publiques de développement.
Premier coordonnateur de ce projet, Jean Pierre Bitemo, qui accueille Lilian Laurin Barros, comme référent méthodologique reconnait que «c’est un garçon brillant et très intelligent qui a du potentiel. Je lui ai confié des missions qu’il a bien exécutées. Ce que j’ai le plus apprécié en lui, est sa capacité à être autonome et son efficacité dans le reporting. Il ira loin s’il se donne une grande discipline». Ce que confirme Félix Batantou Oumba, ancien président de l’Association terre et village (ATV), une organisation de la société civile membre de ce programme, qui indique que «Lilian est compétent et tenace dans son travail. Il lui faut maintenant apprendre à aller au bout de ses projets».
Pour le moment, avec le Comptoir juridique junior, il consolide l’action de la Plateforme pour la gestion durable des forêts (PGDF), un regroupement d’une soixantaine d’organisations qui participe, aux côtés des pouvoirs publics et du secteur privé, à la lutte contre l’exploitation illégale des forêts et contribue à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales et populations autochtones vivant dans, et autour, des forêts. Cette orientation supplémentaire des objectifs de Comptoir juridique junior est acquise du partenariat avec ClientEarth, un groupe d’intérêt public de droit de l’environnement fondé en 2007 et basé à Londres, au Royaume-Uni, qui coopte Lilian Laurin Barros, comme associé pays.
Pour cette organisation non gouvernementale internationale qui associe le droit, la science et les politiques publiques pour créer des solutions pragmatiques aux principaux défis environnementaux, il collabore avec l’équipe droits et gouvernance, basée au siège, au sein du programme climat et forêts, qui accompagne les acteurs de la société civile, les représentants gouvernementaux et le secteur privé, de changer la façon dont les ressources naturelles sont gérées pour bénéficier aux communautés locales et aux populations autochtones. Fort de cette nouvelle expérience, c’est tout naturellement que CJJ élargi ses objectifs, en 2008, en intégrant la gouvernance des ressources naturelles.
Membre du Groupe d’élaboration des normes (GEN), un organe accrédité par le Forest stewardship council (FSC), au Congo-Brazzaville, pour l’élaboration des référentiels nationaux et transnationaux, Lilian Laurin Barros s’ouvre de nouveaux horizons qu’il lui faudrait explorer renforcer son potentiel, reconnu.
 
 
Crédit photo : Kambelo-Giovani
Notification : Cet article est paru dans le numéro de Presence Economique N°19 du 26 Mars 2018
CURRICULUM

Au service des entrepreneurs.

Par Esther PABOU MBAKI
 
Nom : MACKOSSO l Prénom : Loïc l Lieu de naissance : Paris (France) l Nationalité : Congolaise l Situation familiale : Père de famille l Fonction : Associé-Gérant de ARIES Investissements l Contact : Immeuble siège de l’ARC.
Lorsqu’il quitte, en 2014, la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), qu’il intègre en 2009 et où il exerce en qualité de juriste en financement de projets, ce trentenaire accompli crée la stupéfaction parmi les siens. Un entourage qui ne comprend pas, à l’époque et peut-être encore jusqu’à aujourd’hui, pour certains, comment il pouvait quitter une situation aussi stable, dans une institution financière sous régionale, pour mieux développer Ariès investissements, une société de conseil stratégique et financier qu’il crée à Brazzaville, en 2011, alors qu’il était déjà considéré comme un «casé».
Avec le recul du temps, il reconnaît néanmoins avoir «eu l’impression de sauter du dix-septième étage sans parachute», sans pour autant regretter cet envol. Médecin directeur général de la clinique médicale Securex, à Brazzaville, Jean Daniel Ovaga, qui a été approché par Loïc Mackosso, dans le cadre de ses fonctions de conseil, affirme que «c’est quelqu’un de humble mais dont on lit rapidement une détermination et un sens élevé de l’audace. Ce qui ne veut pas, pour autant, dire que c’est un opportuniste. J’ai d’ailleurs apprécié la structuration de sa vision qui l’amène facilement à convaincre un client potentiel».
Chef du service économie au quotidien congolais Les Dépêches de Brazzaville, Quentin Loubou qui le «piste», dans ses activités entrepreneuriales, estime que Loïc Mackosso «est très sérieux dans ce qu’il fait. Je le définis surtout comme un passionné dans le métier qu’il exerce avec logique et méthode». Sérieux, il l’est surtout dans ses convictions entrepreneuriales. Lorsqu’il obtient, en 2003, son master en droit des affaires de l’université de Lille, au nord de la France, ce natif de Paris, des parents congolais, intègre, en 2004, la société Asset allocation advisors (AAA) devenue, par la suite, Neuflize OBC Investissements, une société de gestion d’actifs, filiale du groupe bancaire ABN AMRO, en qualité de juriste financier junior.
 A ce poste d’observation, il travaille à la préparation des contrats de placement, à la rédaction des mandats de gestion et à l’accompagnement de ses responsables dans leurs missions. explique-t-il. Puis vint le déclic. Il affirme dans les colonnes de notre confrère afrique.latribune.fr que «J’étais junior, je faisais mes premiers pas dans l’univers de la finance, puis je me suis dit : «Pourquoi ne pas faire la même chose au Congo?». Car, bien que né dans la capitale française, il reviendra au Congo, à l’âge de cinq ans pour effectuer ses études primaires et secondaires, avant de repartir dans l’hexagone, baccalauréat en poche.
Fibre congolaise rattachée au corps et à l’esprit, il décide, en 2005, de revenir au pays, emportant avec lui le projet Ariès investissements qui existait déjà dans sa tête. Il lui fallait, pour le concrétiser localement, approfondir son expertise et son expérience avant de sauter le pas. Pour cela, il intègre pour trois ans la division juridique de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et, en 2009, rejoint la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) en qualité de juriste en financement de projets.
Une riche expérience qui le conduira à aiguiser ses armes pour ce grand saut personnel. D’autant plus que, de cette institution financière sous- régionale, il comprend mieux, vus du continent, les enjeux du financement des entreprises et du développement. «C’est à partir de ce moment que je me suis aperçu qu’il y avait ce besoin d’accompagnement des entreprises pour les aider à monter les dossiers de financement bancables, c’est-à-dire, des dossiers qui obéissent aux règles d’intervention des banques et des autres partenaires financiers et économiques sollicités» affirme-t-il.
Installés au neuvième étage de l’immeuble siège des Assurances et réassurances du Congo (ARC), Ariès investissements, dont il est le fondateur et associé-gérant, se définit comme une société de conseil financier à vocation de banque d’affaires. Elle ambitionne d’accompagner ses clients dans la conduite de leurs projets d’investissement au Congo-Brazzaville et en Afrique grâce à une large palette de services allant du conseil stratégique et financier, à la levée de dette et de fonds propres, en passant par l’intelligence économique et le conseil en investissement.
Dans l’environnement économique du Congo-Brazzaville, cette structure est essentielle non seulement pour les entrepreneurs qui existent déjà sur le terrain mais également pour ceux qui débutent et qui voudraient bénéficier des conseils pour structurer leurs activités. «Nous conseillons l’entrepreneur sur toute la ligne et le fait de recevoir un projet porté par Ariès investissements est un gage de confiance» explique cet accompagnateur au développement qui fixe, néanmoins des limites. «Une personne qui vient nous voir pour acheter un bus, ne nous intéresse pas, par contre, celui qui vient nous voir pour les projets dans le secteur de l’industrie, des énergies renouvelables et bien d’autres encore, nous intéresse beaucoup, car ces projets répondent aux besoins de la communauté et créent de la valeur». Ce qui est sans équivoque.
Pour l’heure, il cultive l’activité Ariès investissements dont il ambitionne d’en faire, à brève échéance, une banque d’affaires indépendante en Afrique centrale. Une ambition qu’il rode avec la préparation du lancement qu’il entrevoit déjà avec son projet d’un premier fonds d’investissement congolais, dénommé Emerging Congo fund (ECF), pour accompagner les petites et moyennes entreprises et industries dans leur croissance.
Pour ce projet d’envergure, Ariès investissements compte mobiliser 23 milliards de FCFA, à terme, pour atteindre 65 milliards de FCFA collectés auprès des banques, des compagnies d’assurances ou encore des grandes entreprises locales. Tout en démarchant, pour ce véhicule financier dont les PME locales devront bénéficier des concours allant de 30 à 300 millions de FCFA, des fonds d’investissement, installés en majorité à Maurice, ou des institutions internationales, comme la Banque africaine de développement (BAD).
Créateur de jeunes pousses telles que Challenge futura, une entreprise spécialisée dans l’ingénierie industrielle, et Bio-tech Congo, dans l’agrobusiness, l’ingénieur Tsengue-Tsengue attend encore de voir l’opérationnalité de ce fonds pour se convaincre de sa pertinence. Car, pour ce dernier qui a été confronté à des problèmes de financement, même sur des projets financés par des bailleurs internationaux, «l’argent est très couteux, pour les entrepreneurs, au Congo-Brazzaville. Il faut déjà mener une réflexion dans ce sens et prendre en considération les précédents échecs des financements des entreprises pour ne pas répéter les mêmes erreurs».
Si Marguerite Homb, coordonnatrice de Training et présidente d’Espace créateur, une structure d’appui à l’entrepreneuriat, fait sienne cette réticence de Tsengue-Tsengue, elle croit, dure comme fer, à la pertinence d’un tel véhicule financier. «C’est ce type de fonds dont nous avons besoin pour accompagner les PME et PMI. Il faut seulement mettre en place des dispositifs pour le sécuriser et faire travailler en réseau les bénéficiaires. Mais pour cela, il faut aussi faire confiance à Loïc Mackosso qui a montré qu’il a des compétences à faire valoir dans le domaine de l’entrepreneuriat».
 
Crédit photo : DR
Notification : Cet article est paru dans le numéro de Presence Economique N°20 du 28 Janvier 2019
 
CURRICULUM

Une militante de l’espérance sociale.

Par Marien NZIKOU-MASSALA
 
 
Nom : NSIKABAKA l Prénom: Samuel l Date de naissance : 20 mars 1953 l Lieu de naissance : Brazzaville l Nationalité : Congolaise l Situation familiale : Marié et père de famille l Fonction : Secrétaire général de la Fondation Niosi.

Sous ses airs de débonnaire, Samuel Nsikabaka cache, en réalité, un acteur de la société civile congolaise engagé et ferme dans ses convictions. Très tôt, dans sa jeunesse, il s’engage dans les activités des mouvements de jeunesse chrétienne ou il déploie déjà ses talents d’animateur et de leader. Aujourd’hui, opérateur économique, Jean Claude Koubemba se souvient, une quarantaine  d’années en arrière, de son implication dans les camps de jeunesse à Mansimou, dans la banlieue de Brazzaville. «C’est très jeune que j’ai adhéré, à la sous-section Mayangui, de l’Eglise évangélique du Congo (EEC), à ce qui s’appelait, à l’époque, le Cercle biblique des élèves et étudiants (CBE), aujourd’hui Cercle biblique évangélique, affirme-t-il. Samuel Nsikabaka faisait partie des aînés, il s’occupait de l’organisation et de notre encadrement lors des manifestations culturelles que nous réalisions au cours de ces rencontres.»
Pour celui que ses proches appellent, affectueusement, Mey pour certains, Tonton Mey pour d’autres, cela coulait de source qu’il renouvelle cet engagement à son retour de Belgique où il a effectué des études de chimie physique moléculaire à l’université catholique de Louvain. Cet universitaire soutient d’ailleurs que «j’avais toujours été militant dans le mouvement associatif, particulièrement dans les associations de jeunesses de l’église. C’est donc naturellement que j’avais senti la nécessité de m’engager dans une organisation autre que politique et la Fondation Niosi était celle où je pouvais m’épanouir et exprimer mon engagement.»
Enregistrée en juin 1993 au ministère de l’intérieur, après sa création trois ans auparavant, la Fondation Niosi est une organisation de conscientisation à la citoyenneté et d’appui aux activités prioritaires de développement. Pour cette organisation de la société civile congolaise, ladite conscientisation à la citoyenneté s’axe sur une approche de mobilisation fondée sur le volontariat pour construire un changement pérenne tant au niveau de l’individu que de la communauté. Un changement qui se justifie surtout par le déficit citoyen des congolais et son impact sur le développement.
C’est principalement lors des hostilités politiques de 1997, qui endeuillèrent le Congo-Brazzaville, que les activistes de cette organisation se firent découvrir des autres acteurs sociaux, tant leur implication était entière dans la recherche de la paix entre les belligérants. Président de l’association Agir pluriel, une organisation des droits civiques, le pharmacien Jean Blaise Bilombo révèle que «nous avons beaucoup travaillé avec la Fondation Niosi lors de ces douloureux événements. C’est par la suite que je vais connaitre, à travers Josué Ndamba, Tonton Mey. Ce dernier m’est toujours apparu comme quelqu’un de sérieux et de disponible.»
Un constat que confirme Paul Kampakol, secrétaire général du Forum des jeunes entreprises du Congo (FJEC), lorsqu’il affirme que Samuel Nsikabaka «s’implique à fond et en toute simplicité dans tout ce qu’il fait. C’est un activiste courageux qui reste disponible pour ses engagements.» Des engagements qui se fondent dans ceux de la Fondation Niosi, à travers, entre autres, des actions de conscientisation des populations à mieux jouer leur rôle citoyen et exiger de leurs dirigeants plus de transparence dans la gestion de la chose publique, une bonne gouvernance et l’alternance politique.
Cette fondation a d’ailleurs organisé, à l’issue de ce conflit de 1997, des rencontres citoyennes sur des questions encore actuelle aujourd’hui concernant la société civile congolaise, le rôle des médias ou encore l’emploi des jeunes. Ce dernier thème focalise présentement les membres de cette fondation qui porte désormais  son appui aux initiatives de développement par la formation.
C’est à ce titre que la Fondation Niosi a organisé, il y a une année, précisément en octobre 2016, un séminaire de formation à l’entrepreneuriat pour une trentaine de participants. L’objectif de cette formation était celui de «préparer et d’équiper les apprenants à devenir des hommes et des femmes d’affaires financièrement, mentalement, socialement et spirituellement outillés pour le succès de leurs entreprises, en mettant la volonté et la gloire de Dieu au centre de leur vie.»
Cette session de formation à l’entrepreneuriat, la première pour cette fondation, a bénéficié de l’appui technique de Matadi support group (MSG), un partenaire basé en Suède et présent à Matadi, en République démocratique du Congo. Une des participante à cette formation, Ruth Locko, admet que «j’ai été bien formée à ce séminaire où j’ai appris des notions sur la marche des affaires, le suivi du budget ou encore les caractères d’un entrepreneur qui me servent actuellement dans ma petite activité agricole. J’attends désormais le retour de la paix dans le département du Pool pour lancer une grande activité agricole à Boko.»
Pour sa part, Mercy Bassadila Nzoungani, étudiant en master d’aménagement, d’urbanisme et de gestion des territoires, au département de géographie de la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville, qui n’avait pu suivre que deux modules de cette formation, souhaiterai participer à nouveau à une telle session qu’il qualifie «d’intéressante à plus d’un titre». 
Etablir un pont entre cette formation en entrepreneuriat effectuée sous sa férule à la Fondation Niosi dont il est le secrétaire général et ses activités académiques est une gageure. Car au-delà de ses engagements citoyens, Samuel Nsikabaka est un enseignant qui dispense des cours de chimie à la faculté des sciences et techniques de l’université Marien Ngouabi et un chercheur reconnu par ses pairs.
Selon Marie Claire Makambila, directeur scientifique à l’Institut national de la recherche en science de la santé (IRSSA), «j’ai un peu travaillé avec lui au Centre d’études sur les ressources végétales (CERV). C’est un chercheur qui coopère facilement avec les autres, d’autant plus qu’il a des rapports humains convenables avec ses collègues scientifiques». 
Ce maitre de conférences, auteur de plusieurs cours de chimie-physique parmi lesquels un Cours de chimie quantique destiné aux étudiants de licence et un Cours de réactivité chimique pour les étudiants en master, est aussi prolifique en termes de publications scientifiques, cosignant avec les professeurs Rosalie Kama Niamayoua, Thomas Silou ou encore Jean-Maurille Ouamba. Ce dernier, devenu vice-recteur chargé des affaires académiques de l’université Marien Ngouabi, a choisi Samuel Nsikabaka comme Chef de son cabinet. Observation de Paul Kampakol, «à ce niveau de responsabilité, moins nombreux sont les congolais qui allaient rester disponibles à leurs engagements militants.» Assurément.
 
 
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Notification : Cet article est paru dans le numéro de Presence Economique N°17 du 01 Janvier 2018