ECOTOURISME



Le 06 mai 2023
Par Jean Clotaire HYMBOUD

Une diversification de l’économie par le tourisme au Congo-Brazzaville.

Inscrit parmi les six piliers du Plan national de développement (PND) du Congo-Brazzaville,  en cours sur la période 2022-2026, le tourisme est encore un secteur peu valorisé malgré l’énorme potentiel touristique que détient le pays avec une biodiversité riche en espèces fauniques et floriques. Le gouvernement s’active désormais à attirer des touristes pour combler cette anomalie.
Une vue des gorges de Diosso
Le tourisme est un secteur encore peu valorisé au Congo-Brazzavill
L’accostage sans encombre du SH Vega, un navire de croisière long de 115 mètres battant pavillon finlandais avec ses 150 touristes, au port de Pointe-Noire, la ville océane, a été présenté par les autorités congolaises comme une prémices d’un éventuel retour des estivants au Congo-Brazzaville. Dans les années 60 et 70, des croisiéristes tels le Jean Mermoz et autres accostaient à ce port destiné aujourd’hui au traitement du fret.
La centaine de ces passagers européens ont visité, pendant trois jours, entre autres, les gorges de Diosso, l’ancien palais royal de Loango et le parc national de Conkouati-Douli. Inscrit depuis 2008 sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO, ce parc qui s’étend sur une superficie de 504 950 hectares renferme une grande richesse floristique et ornithologique. En effet, Conkouati-Douli, qui est situé dans le département du Kouilou, abrite plus de soixante-dix essences d’arbres répertoriés et 2500 espèces de plantes. Outre les variétés d’oiseaux que sont les martins-pêcheurs et calaos, ce parc national regorge d’une faune constituée d’éléphants, chimpanzés et des sitatungas.
En sus du parc de Conkouati-Douli et de plusieurs aires protégées, le Congo-Brazzaville dispose de deux importants parcs que sont Nouabalé-Ndoki et Odzala-Kokoua. Deuxième plus grand parc de forêt d’Afrique, le parc national d’Odzala-Kokoua, situé à cheval entre les départements de la Cuvette-ouest et de la Sangha au nord du Congo-Brazzaville. Installé sur une superficie de 1 354 600 hectares, il est le plus vaste parc animalier du pays. A l’origine, simple réserve naturelle dès avril 1935, le parc héberge quelque 13 000 éléphants, des bongos et des gorilles observables à partir des clairières.
Installé sur près de 4200 km2, le parc national de Nouabalé-Ndoki fait partie de la Tri national de la Sangha avec le parc de la Lobéké au Cameroun et celui de Dzanga-Ndoki en République centrafricaine. Nouabalé-Ndoki, qui est encore un écosystème intact, abrite des grands mammifères, des primates diurnes et plus de trois cents espèces d’oiseaux. En décembre 2020, le groupe Congo concervation company (CCC) avait signé un accord de financement de 14 millions de dollars avec l’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid) pour mettre en œuvre un projet de développement de l’écotourisme à Nouabalé-Ndoki.
Ce financement est une indication que le Congo-Brazzaville commence à profiter de sa riche biodiversité qu’elle souhaite préserver. Il reste encore aux pouvoirs publics de protéger ces parcs nationaux menacés par le braconnage et l’installation des scieries qui exploitent le bois de ces réserves.
 
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