ACTUALITE AFRICAINE
SOCIETE
Le 31 juillet 2023
Par Jean Clotaire HYMBOUD
Le 31 juillet 2023
Par Jean Clotaire HYMBOUD
Des querelles inopportunes entre les deux Congo.
Capitales les plus rapprochées du monde, Brazzaville et Kinshasa alimentent des querelles inopportunes entre les deux Congo. Après les concerts réussis au stade Massamba-Débat de Brazzaville des musiciens Fally Ipupa et Roga-Roga qui défrayèrent la chronique, un universitaire kinois relance la controverse entre les deux pays.

L’affiche du concert de Fally Ipupa à Brazzaville
Ce concert a été un objet de polémique entre les mélomanes des deux Congo
Ce concert a été un objet de polémique entre les mélomanes des deux Congo
Pour avoir proférer des insultes sur la chaîne kinoise de télévision Info 7 à l’encontre de Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo, le professeur Boniface Kabisa a relancé la litanie des querelles entre les deux Congo. Les courroux de l’universitaire de la République Démocratique du Congo résultent du dernier voyage d’Etat que Denis Sassou Nguesso a effectué à Kigali, au Rwanda, en juillet dernier. Au cours de son séjour rwandais, le dirigeant congolais a rencontré son homologue Paul Kagamé pour évoquer, entre autre, la coopération agricole entre les deux pays.
Vue de Kinshasa, cette visite de Denis Sassou Nguesso est une trahison si ce n’est l’illustration parfaite de son soutien à Paul Kagamé, qui agresse la RDC à travers la milice du M23. L’indélicatesse de l’universitaire rd-congolais a suscité l’ire du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) qui ne pouvait laisser impuni ce crime de lèse majesté. Dans une déclaration rendue publique le 25 juillet 2023, cette autorité de régulation des médias au Congo-Brazzaville a sollicité son homologue de l’autre rive, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), pour qu’il prenne des mesures disciplinaires contre la chaîne Info 7. Ambiance.
Cette querelle de pacotille survient après celle suscitée par les mélomanes des deux rives. En effet, le samedi 27 mai 2023, la coqueluche de la nouvelle vague de la musique rd-congolaise, Fally Ipupa, avait livré un concert en live au stade Massamba-Débat de Brazzaville, d’une capacité de 35 000 places. Après avoir effectué, quelque temps auparavant, un concert plein au stade des Martyrs de Kinshasa, d’une capacité double de celui de Brazzaville, le lover songer réussi son pari en mobilisant ses warriors, dénomination de ses mélomanes. Polémique sur les réseaux sociaux. Pour les artistes de la rive droite du fleuve Congo, qui sépare les deux capitales, il fallait relever ce défi.
Pour le relever et tenir ce pari, il n’y avait plus que Roga-Roga. Adulé par les mélomanes du Congo-Brazzaville, ce musicien au franc parler qui n’hésite pas à dénoncer les petits comportements de ses compatriotes et autres antivaleurs de l’élite du pays. Un mois après Fally Ipupa, le 24 juin 2023, il réussit le pari de remplir le stade Massamba-Débat, avec le soutien des brazzavillois. Du petit peuple de laveurs de voitures aux acteurs politiques, dont l’artiste dénonce les pratiques, son «peuple» vint à la rescousse pour soutenir «le fils du pays». Tels que fait, l’honneur de la patrie fut sauvé.
Vue de Kinshasa, cette visite de Denis Sassou Nguesso est une trahison si ce n’est l’illustration parfaite de son soutien à Paul Kagamé, qui agresse la RDC à travers la milice du M23. L’indélicatesse de l’universitaire rd-congolais a suscité l’ire du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) qui ne pouvait laisser impuni ce crime de lèse majesté. Dans une déclaration rendue publique le 25 juillet 2023, cette autorité de régulation des médias au Congo-Brazzaville a sollicité son homologue de l’autre rive, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), pour qu’il prenne des mesures disciplinaires contre la chaîne Info 7. Ambiance.
Cette querelle de pacotille survient après celle suscitée par les mélomanes des deux rives. En effet, le samedi 27 mai 2023, la coqueluche de la nouvelle vague de la musique rd-congolaise, Fally Ipupa, avait livré un concert en live au stade Massamba-Débat de Brazzaville, d’une capacité de 35 000 places. Après avoir effectué, quelque temps auparavant, un concert plein au stade des Martyrs de Kinshasa, d’une capacité double de celui de Brazzaville, le lover songer réussi son pari en mobilisant ses warriors, dénomination de ses mélomanes. Polémique sur les réseaux sociaux. Pour les artistes de la rive droite du fleuve Congo, qui sépare les deux capitales, il fallait relever ce défi.
Pour le relever et tenir ce pari, il n’y avait plus que Roga-Roga. Adulé par les mélomanes du Congo-Brazzaville, ce musicien au franc parler qui n’hésite pas à dénoncer les petits comportements de ses compatriotes et autres antivaleurs de l’élite du pays. Un mois après Fally Ipupa, le 24 juin 2023, il réussit le pari de remplir le stade Massamba-Débat, avec le soutien des brazzavillois. Du petit peuple de laveurs de voitures aux acteurs politiques, dont l’artiste dénonce les pratiques, son «peuple» vint à la rescousse pour soutenir «le fils du pays». Tels que fait, l’honneur de la patrie fut sauvé.

Des affiches de Roga-Roga
L’artiste a bénéficié du soutien du petit peuple et des gens d’en haut
L’artiste a bénéficié du soutien du petit peuple et des gens d’en haut
Dans la chamaille des mélomanes des deux vedettes de la nouvelle génération, leur ainé Koffi Olomidé n’a pas voulu être sous l’ombre de ses cadets. De son vrai nom Antoine Christophe Agbepa Mumba, né le 13 juillet 1956 à Kinsagani, en République démocratique du Congo, cet artiste musicien de renom a attaqué au tribunal de grande instance de Brazzaville, Prosper Faustin Mouanza, un congolais de l’autre rive qui utilise comme nom de scène Koffi de Brazza. Le kinois sollicite le tribunal pour exiger que le troubadour de Brazzaville n’utilise plus ce nom et surtout que ce dernier qu’il retire de la circulation toutes les œuvres artistiques qu’il a réalisées sous ce pseudonyme.
Une initiative qui a fait un tollé à Brazzaville d’autant plus que Koffi Olomidé réclame du tribunal que sa décision qui devrait intervenir soit «exécutoire par provision, sans caution et avant enregistrement nonobstant toutes voies de recours». Prévue initialement pour le 13 juillet, l’audience a été renvoyée au 20 septembre 2023 pour les plaidoiries dans l’indifférence générale. La sortie insultante du professeur Boniface Kabisa cannibalise désormais les attentions des «polémiqueurs» qui peuplent les deux capitales.
La factice animosité entre les deux Congo va même plus loin dans l’irrationnel. La construction du premier port en eau profonde de la République démocratique du Congo à Banana, près de Moanda, dans la province du Kongo Central, en est une parfaite image. Réalisé par DP World, cette infrastructure qui aura un quai de 600 m avec un tirant d'eau de 18 m et 25 hectares d’aires de stockage lui permettant d'accueillir les plus grands porte-conteneurs en circulation dans le monde, devra permettre à la RDC de renforcer son accès aux marchés internationaux et aux chaînes d'approvisionnement mondiales.
Seulement, les travaux de DP World Banana qui ont été lancés depuis le 31 janvier 2023 pour être achève en 2025 sont en berne. Entre autres raisons évoquées pour expliquer les difficultés d’avancer des travaux, la corruption des notables Ne Kongo de Moanda. Ces derniers sont soupçonnés d’accointances mystiques avec le groupe français Bolloré qui a de bonnes raisons de redouter l’avènement d’un tel port en RDC qui va sérieusement empiéter sur celui de Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville. Problème, Bolloré a cédé, en mars 2022, ses activités portuaires, dont le port de Pointe-Noire, au groupe italo-suisse Mediterranean Shipping Company (MSC).
Ces basses brouilles sont à l’origine de dramatiques situations entre les deux pays dont la dernière fut l’opération Mbata ya bakolo, «la gifle des aînés» en lingala, qui se solda, en 2014, par l’expulsion de plus de 100 000 ressortissants de la RDC résidants à Brazzaville. Officiellement, cette opération devait débarrasser Brazzaville des délinquants et autres étrangers en situation irrégulière. A l’époque, la mission de l'Organisation des Nations unies en RDC dénonça des atteintes aux droits de l'homme, des violences sur des femmes et des enfants.
Au Congo-Brazzaville, l'écrivain Alain Mabanckou fustigea ces violences policières et ces traitements dégradants infligés aux expulsés. Lors de l’expansion de cette opération à Pointe-Noire, la capitale économique, en mai 2015, la Commission diocésaine justice et paix (CDJP) de la ville océane que dirige Brice Mackosso et la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH) de Christian Mounzéo publièrent une note de position dans laquelle ces deux organisations de la société civile exprimerent leur désapprobation vis-à-vis des atteintes à la dignité et aux droits des personnes interpellées.
Une initiative qui a fait un tollé à Brazzaville d’autant plus que Koffi Olomidé réclame du tribunal que sa décision qui devrait intervenir soit «exécutoire par provision, sans caution et avant enregistrement nonobstant toutes voies de recours». Prévue initialement pour le 13 juillet, l’audience a été renvoyée au 20 septembre 2023 pour les plaidoiries dans l’indifférence générale. La sortie insultante du professeur Boniface Kabisa cannibalise désormais les attentions des «polémiqueurs» qui peuplent les deux capitales.
La factice animosité entre les deux Congo va même plus loin dans l’irrationnel. La construction du premier port en eau profonde de la République démocratique du Congo à Banana, près de Moanda, dans la province du Kongo Central, en est une parfaite image. Réalisé par DP World, cette infrastructure qui aura un quai de 600 m avec un tirant d'eau de 18 m et 25 hectares d’aires de stockage lui permettant d'accueillir les plus grands porte-conteneurs en circulation dans le monde, devra permettre à la RDC de renforcer son accès aux marchés internationaux et aux chaînes d'approvisionnement mondiales.
Seulement, les travaux de DP World Banana qui ont été lancés depuis le 31 janvier 2023 pour être achève en 2025 sont en berne. Entre autres raisons évoquées pour expliquer les difficultés d’avancer des travaux, la corruption des notables Ne Kongo de Moanda. Ces derniers sont soupçonnés d’accointances mystiques avec le groupe français Bolloré qui a de bonnes raisons de redouter l’avènement d’un tel port en RDC qui va sérieusement empiéter sur celui de Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville. Problème, Bolloré a cédé, en mars 2022, ses activités portuaires, dont le port de Pointe-Noire, au groupe italo-suisse Mediterranean Shipping Company (MSC).
Ces basses brouilles sont à l’origine de dramatiques situations entre les deux pays dont la dernière fut l’opération Mbata ya bakolo, «la gifle des aînés» en lingala, qui se solda, en 2014, par l’expulsion de plus de 100 000 ressortissants de la RDC résidants à Brazzaville. Officiellement, cette opération devait débarrasser Brazzaville des délinquants et autres étrangers en situation irrégulière. A l’époque, la mission de l'Organisation des Nations unies en RDC dénonça des atteintes aux droits de l'homme, des violences sur des femmes et des enfants.
Au Congo-Brazzaville, l'écrivain Alain Mabanckou fustigea ces violences policières et ces traitements dégradants infligés aux expulsés. Lors de l’expansion de cette opération à Pointe-Noire, la capitale économique, en mai 2015, la Commission diocésaine justice et paix (CDJP) de la ville océane que dirige Brice Mackosso et la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH) de Christian Mounzéo publièrent une note de position dans laquelle ces deux organisations de la société civile exprimerent leur désapprobation vis-à-vis des atteintes à la dignité et aux droits des personnes interpellées.
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